Ce matin, l'ESTIA (Ecole Supérieure des Techniques Industrielles Avancées)
organisait un séminaire "Spécial Jeune Entrepreneur" auquel il m'avait été
demandé de partager mon expérience de création d'entreprise.
Outre le côté toujours très positif de pouvoir présenter son entreprise,
j'ai été très inteéressée par les questions et les réactions des étudiants
présents. Voici mon analyse , très humble, d'un échantillon de notre future
société.
L'analyse des risques a évolué: Hier , quand on
posait la question à un entrepreneur du risque de la création, c'était souvent
le risque de banqueroute, d'endettement, de devoir licencier, etc... Ce matin,
j'ai eu l'impression qu'il y avait un nouveau risque qui apparaissait :
celui de perdre son petit confort de vie. La notion de qualité de vie est
apparue très fortement : "Parfois, il vaut mieux se satisfaire d'un
salaire qui tombe tous les mois et d'avoir du temps libre pour faire ce qu'on
veut..."
Pourtant, il me semble tout à fait possible de faire cohabiter un projet de
vie et un projet de création d'entreprise. L'un n'est pas contre l'autre !
A entendre certaines questions, il apparaissait clairement une évolution des
mentalités qui remettait l'humain au centre de la vie.
La qualité de vie devient un sujet central : La
plupart des jeunes ne veulent plus faire de sacrifices pour évoluer
professionnellement. Ils essaient de comprendre ce qui motive les créateurs et
qu'ils ne trouvent pas au fond d'eux. Ne pas prendre en compte cette évolution
de la société est risqué pour une entreprise qui risque de voir partir des
compétences qu'ils n'ont pas réussi à garder , même si les salaires étaient
interessants. Le dernier baromètre national RH des jeunes diplômés indique que
la qualité de vie est le 4° critère de choix d'une entreprise.
J'ai été heureuse de voir se concrétiser ces quelques thèmes que de nombreux
sociologues du travail mettent déjà en avant depuis quelques années. Il
conforte le bien fondé de mon entreprise : les responsables d'entreprise
vont devoir faire évoluer leur relation avec leurs salariés et développer des
outils de motivation répondant à ce besoin de reconnaissance d'avoir une vie
personnelle à côté de leur vie professionnelle. La conciergerie d'entreprise
peut répondre à ces exigences, les américains l'ont bien compris depuis
plusieurs années, puisque 1/3 des salariés américains se voient offrir ces
services par leur entreprise. Et soyez sûr que ce n'est ni par philantropie, ni
par volonté de faire du social !